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	<title>Guide du marseille colonial</title>
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	<description>Accompagne le Guide du Marseille colonial. Explore Marseille, recense les traces et les empreintes de l'histoire coloniale et esclavagiste</description>
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		<title>Rue de Lodi, un carrefour m&#233;dical pour les troupes coloniales &#224; Marseille</title>
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		<description>
&lt;p&gt;MALIK BOURICHE (PROFESSEUR D'HISTOIRE-G&#201;OGRAPHIE, MARSEILLE) &lt;br class='autobr' /&gt;
La rue de Lodi &#224; Marseille (6e arr.) au n&#176; 84 poss&#233;dait jusque dans les ann&#233;es 1990 un h&#244;pital nomm&#233; Michel L&#233;vy. L'h&#244;pital fond&#233; en 1848 rend hommage au m&#233;decin inspecteur des arm&#233;es (1809-1872) &#224; l'origine de la formation des officiers de sant&#233;, le corps de m&#233;decins qui dans les colonies concr&#233;tise le programme de sant&#233; publique (une m&#233;decine coloniale) fond&#233;e sur une prophylaxie articul&#233;e autour de la pr&#233;vention, du contr&#244;le, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://guidedumarseillecolonial.fr/-Pour-aller-plus-loin-" rel="directory"&gt;Pour aller plus loin ...&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h4&gt;MALIK BOURICHE (PROFESSEUR D'HISTOIRE-G&#201;OGRAPHIE, MARSEILLE)&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La rue de Lodi &#224; Marseille (6e arr.) au n&#176; 84 poss&#233;dait jusque dans les ann&#233;es 1990 un h&#244;pital nomm&#233; Michel L&#233;vy. L'h&#244;pital fond&#233; en 1848 rend hommage au m&#233;decin inspecteur des arm&#233;es (1809-1872) &#224; l'origine de la formation des officiers de sant&#233;, le corps de m&#233;decins qui dans les colonies concr&#233;tise le programme de sant&#233; publique (une m&#233;decine coloniale) fond&#233;e sur une prophylaxie articul&#233;e autour de la pr&#233;vention, du contr&#244;le, de la surveillance et de la vaccination. Le dispositif en r&#233;alit&#233; r&#233;pond clairement &#224; des imp&#233;ratifs de s&#233;curit&#233; (garantir la s&#233;curit&#233; du territoire) en utilisant un d&#233;ploiement de r&#232;glements et de techniques ; surveillance des individus, diagnostic de ce qu'ils sont, classement de leur structure mentale, de leurs pathologies propres, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, depuis 1909 ce corpus de connaissances et de techniques th&#233;rapeutiques r&#233;git l'institution m&#233;dicale marseillaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#244;pital, qui est d'abord une structure m&#233;dicale destin&#233;e &#224; soigner les bless&#233;s les plus graves, se sp&#233;cialise et n'accueille d&#233;sormais que les troupes coloniales. La Grande Guerre (1914-1918) mobilise effectivement plus de 500 000 combattants issus de l'Empire fran&#231;ais. L'institution hospitali&#232;re appara&#238;t au centre de la logistique sanitaire en temps de guerre. D&#232;s les premiers jours de la guerre, le port de Marseille accueille les soldats de l'Empire, le 19e corps par exemple, compos&#233; d'Alg&#233;riens, Marocains et Tunisiens : 49 000 hommes et 11 800 chevaux d&#233;barquent. D'autres corps, compos&#233;s de tirailleurs s&#233;n&#233;galais arrivent dans la cit&#233; phoc&#233;enne, une cons&#233;quence directe de la Force noire ch&#232;re &#224; &lt;a href='https://guidedumarseillecolonial.fr/General-Mangin' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Charles Mangin&lt;/a&gt; (1866-1925)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Charles Mangin, La force noire, Paris, L'Harmattan, [1910] 2011&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui l&#233;galise le recrutement d'&#171; indig&#232;nes &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#244;pital constitue d&#232;s lors un v&#233;ritable laboratoire &#224; l'int&#233;rieur duquel &#233;merge aussi bien une pratique th&#233;rapeutique singuli&#232;re qu'une codification des rapports entre m&#233;tropolitains et coloniaux. La prise en charge des bless&#233;s, mutil&#233;s, traumatis&#233;s, ob&#233;it par exemple &#224; un protocole singulier. Le corps m&#233;dical use de cat&#233;gories m&#233;dicales forg&#233;es dans le monde colonial (au territoire) et adapt&#233;es &#224; ses habitants (diff&#233;rents). C'est le cas des pathologies raciales qui sont r&#233;guli&#232;rement convoqu&#233;es pour rendre des diagnostics adapt&#233;s, en d&#233;pit des vifs d&#233;bats qui opposent les m&#233;decins pour savoir s'il existerait &#171; une immunit&#233; de race &#187; chez les indig&#232;nes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques L&#233;onard, &#171; M&#233;decine et colonisation en Alg&#233;rie &#187;, dans Jacques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le constat est sans appel pour le S&#233;n&#233;galais, son corps ne peut biologiquement affronter la maladie, &#233;tant donn&#233; que &#171; la tuberculose s'installe de fa&#231;on insidieuse d&#232;s que le bacille de Koch commence &#224; se d&#233;velopper &#187;. Alors que chez l'Arabe, la maladie est att&#233;nu&#233;e en raison &#171; du contact plus prolong&#233; avec l'Europ&#233;en&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques L&#233;onard, &#171; M&#233;decine et colonisation en Alg&#233;rie &#187;, dans Jacques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. En ce qui concerne les troubles psychiques, le S&#233;n&#233;galais est d&#233;crit comme poss&#233;dant un caract&#232;re turbulent, impr&#233;visible, voire na&#239;f, une repr&#233;sentation qui conduit d'ailleurs &#224; son &#233;troite surveillance. Le &#171; Nord-Africain (ici le Kabyle alg&#233;rien) est rancunier &#224; l'exc&#232;s, il couvre sa vengeance envers l'infirmier &#187;. Or, malgr&#233; les bonnes intentions, le regard port&#233; par les m&#233;decins militaires sur certaines pathologies (les troubles psychiques) des soldats fourmille de pr&#233;jug&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La description puise ainsi ses cat&#233;gories nosologiques dans les nombreuses enqu&#234;tes men&#233;es sur les populations de l'Empire et publi&#233;es dans les revues m&#233;dicales sp&#233;cialis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assez rapidement toutefois, la pr&#233;sence de ces soldats d&#233;borde le cadre des casernes et des h&#244;pitaux de la m&#233;tropole. Des tensions surgissent en effet qui entravent le dispositif d'encadrement politique, sanitaire et culturel de ces populations. Car la participation massive de soldats coloniaux suscite une s&#233;rie d'interrogations de la part des autorit&#233;s civiles et militaires, que ce soit sur le plan juridique (quel statut accorder aux soldats dans la soci&#233;t&#233; m&#233;tropolitaine r&#233;publicaine ?), sanitaire (doit-on adapter une th&#233;rapeutique sp&#233;cifique pour ces soldats ?), ou des rapports de genre (sont-ils autoris&#233;s &#224; avoir des relations sexuelles avec les Europ&#233;ennes ?). Une s&#233;rie de consid&#233;rations qui provoque l'adoption de mesures concr&#232;tes pour codifier les relations entre troupes et m&#233;tropolitain&#183;es. L'&#201;tat-major qui redoute des relations sexuelles et affectives entre soldats coloniaux et femmes europ&#233;ennes interdit strictement la pr&#233;sence des femmes dans les h&#244;pitaux militaires sp&#233;cialis&#233;s dans l'accueil des troupes coloniales. Les relations suspect&#233;es sont v&#233;cues par les autorit&#233;s comme &#171; un d&#233;fi profond et intime &#224; l'ordre racial et colonial&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Richard S. Fogarty, Race and War in France, Colonial Subject in French Army, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Pourtant, d&#232;s 1916, malgr&#233; les mesures d'isolement ou les sanctions, le contr&#244;le postal t&#233;moigne de l'inefficacit&#233; de la s&#233;gr&#233;gation sexuelle. Les infirmi&#232;res sont devenues sans conteste les correspondantes privil&#233;gi&#233;es des tirailleurs. La plupart sont de jeunes femmes, souvent accompagn&#233;es de leurs parents, qui se rendent aupr&#232;s de l'officier interpr&#232;te pour lui demander conseil sur les d&#233;marches &#224; accomplir pour contracter mariage avec un amant issu des troupes coloniales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#244;pital Michel-L&#233;vy illustre ainsi de fa&#231;on manifeste les contradictions n&#233;es de la gestion d'un monde colonial gouvern&#233; &#224; la fois au nom de principes r&#233;publicains et de normes sanitaires et morales fond&#233;es sur la s&#233;gr&#233;gation et le st&#233;r&#233;otype.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Charles Mangin, La force noire, Paris, L'Harmattan, [1910] 2011&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacques L&#233;onard, &#171; M&#233;decine et colonisation en Alg&#233;rie &#187;, dans Jacques L&#233;onard, M&#233;decins, malades et soci&#233;t&#233; dans la France du 19e si&#232;cle, Paris, Sciences en situation, 1992, p. 131-145.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacques L&#233;onard, &#171; M&#233;decine et colonisation en Alg&#233;rie &#187;, dans Jacques L&#233;onard, M&#233;decins, malades et soci&#233;t&#233; dans la France du 19e si&#232;cle, Paris, Sciences en situation, 1992, p. 131-145.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Richard S. Fogarty, Race and War in France, Colonial Subject in French Army, 1914-1918, Baltimore, John Hopkins University Press, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les archives coloniales autour la sant&#233; : quelle m&#233;moire pour quels corps ?</title>
		<link>https://guidedumarseillecolonial.fr/Les-archives-coloniales-autour-la-sante-quelle-memoire-pour-quels-corps</link>
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		<description>
&lt;p&gt;FRANCESCA ARENA (UNIVERSIT&#201; DE GEN&#200;VE) &lt;br class='autobr' /&gt;
GAIA MANETTI (UNIVERSIT&#201; DE PISE/UNIVERSIT&#201; DE GEN&#200;VE) &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Marseille et plus g&#233;n&#233;ralement dans les Bouchesdu-Rh&#244;ne, ainsi que dans la r&#233;gion PACA, existent de nombreuses archives coloniales. Cette pr&#233;sence s'explique par le r&#244;le jou&#233; par la r&#233;gion dans la colonisation fran&#231;aise, mais aussi par des choix politiques postcoloniaux. Certaines archives affichent par leur statut leur identit&#233; coloniale (comme les Archives nationales d'outre-mer &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h4&gt;&lt;strong&gt;FRANCESCA ARENA (UNIVERSIT&#201; DE GEN&#200;VE)&lt;br /&gt;
GAIA MANETTI (UNIVERSIT&#201; DE PISE/UNIVERSIT&#201; DE GEN&#200;VE)&lt;/strong&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&#192; Marseille et plus g&#233;n&#233;ralement dans les Bouchesdu-Rh&#244;ne, ainsi que dans la r&#233;gion PACA, existent de nombreuses archives coloniales. Cette pr&#233;sence s'explique par le r&#244;le jou&#233; par la r&#233;gion dans la colonisation fran&#231;aise, mais aussi par des choix politiques postcoloniaux. Certaines archives affichent par leur statut leur identit&#233; coloniale (comme les &lt;a href='https://recherche-anom.culture.gouv.fr/.' target=&#034;_blank&#034;&gt;Archives nationales d'outre-mer &#224; Aix-en-Provence&lt;/a&gt;), d'autres sont r&#233;pertori&#233;es dans la base de donn&#233;es nationales des &lt;a href='https://francearchives.fr/fr' target=&#034;_blank&#034;&gt;archives fran&#231;aises&lt;/a&gt; et d'autres &#8211; notamment celles qui concernent la sant&#233; &#8211; ont &#233;t&#233; invisibilis&#233;es par les administrations sanitaires et seuls le hasard, la chance ou la bonne volont&#233; des archivistes permettent leur d&#233;couverte, leur conservation et parfois leur consultation. C'est ainsi pour les archives du centre hospitalier Montperrin qui gardent les traces des personnes colonis&#233;es et intern&#233;es en M&#233;tropole : Alg&#233;riennes et Alg&#233;riens pour l'essentiel, dont les destins sont chamboul&#233;s, entre la fin du 19e si&#232;cle jusqu'aux ann&#233;es 1930, dans des voyages contraints en navire du port d'Alger au port de Marseille, pour atterrir &#224; l'asile d'Aix-en-Provence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut souligner que les archives coloniales autour de la sant&#233; - ainsi que les autres archives coloniales - n'ont pas en France un statut particulier et elles ne font donc pas l'objet d'une politique patrimoniale coh&#233;rente. Les diff&#233;rents fonds sont &#233;parpill&#233;s et administr&#233;s par les diff&#233;rentes institutions et donc r&#233;gis par des r&#233;glementations h&#233;t&#233;rog&#232;nes. Par ailleurs, plus r&#233;cemment sur la base des nouvelles lois sur la protection de donn&#233;es (&#224; partir des ann&#233;es 1990) certaines de ces archives (celles par exemple hospitali&#232;res contenant des dossiers personnels de personnes malades ou susceptibles de l'&#234;tre) courent le risque d'&#234;tre compl&#232;tement d&#233;truites : protection de donn&#233;es versus protection de la m&#233;moire ? Ce cadre politico-administratif illustre parfaitement les enjeux ainsi que l'histoire de l'archive coloniale. Dispositif en main du (post)colonisateur, il reproduit sans cesse les dynamiques imp&#233;riales : ce n'est pas un hasard si l'Alg&#233;rie, pays dans lequel la m&#233;moire coloniale reste d&#233;chir&#233;e et sans r&#233;paration, r&#233;clame depuis presque vingt ans, la restitution de ses archives : geste r&#233;parateur impossible de la part de la France ou maintien d'un dispositif de pouvoir ? Emp&#234;cher que les archives soient rapatri&#233;es signifie avant tout emp&#234;cher que le travail de la m&#233;moire se fasse, et si ce dernier &#233;tait possible, celui du deuil &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les peuples n'ont-ils pas le droit de savoir ? De fouiller dans les ab&#238;mes d'une exploitation de leur territoire, du massacre de leurs populations ? De fabriquer de l'histoire ? En effet, laisser les archives &#224; la disposition des chercheuses et chercheurs fran&#231;ais&#183;es (pour l'essentiel) signifie se laisser (pour la France) la possibilit&#233; de continuer &#224; produire un savoir blanc et imp&#233;rial sur la colonisation. Ce que le sociologue portugais Boaventura de Sousa Santos appelle un &#171; epistemicidio &#187; (&#233;pist&#233;micide) dans Descolonizar el saber, reinventar el poder (&#171; D&#233;coloniser le savoir, r&#233;inventer le pouvoir &#187;), paru en 2010, rest&#233; non traduit en fran&#231;ais.&lt;br /&gt;
Inutiles donc, pour les chercheur&#183;euses du Global North dont les travaux portent sur les archives coloniales, les postures des savoirs situ&#233;s, ou les d&#233;nonciations de crimes des a&#239;euls.les. Qu'on le veuille ou non : nous sommes (nous les Blanc&#183;hes) le produit et la reproduction de la colonisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les archives coloniales doivent donc &#234;tre restitu&#233;es : toutes. Il faudra proc&#233;der &#224; des inventaires de ce qui existe encore, les collecter, les num&#233;riser si possible pour que l'on garde &#224; jamais en France &#233;galement cette m&#233;moire. Une attention particuli&#232;re devra &#234;tre port&#233;e aux archives coloniales du corps (celles hospitali&#232;res entre autres), parce que ce sont celles qui ont &#233;t&#233; les plus scell&#233;es par les politiques sanitaires postcoloniales. Mais aussi et surtout car c'est l&#224; que se cache l'un des paradigmes qui fondent toujours les rapports de pouvoir nord/sud : le clivage entre modernit&#233; scientifique et m&#233;dicale et des (pr&#233;tendues) traditions autochtones. Dernier rempart du voyeurisme f&#233;tichiste (post) colonial ?&lt;br /&gt;
&#171; Pour le colonis&#233;, la vie ne peut surgir que du cadavre en d&#233;composition du colon &#187;, disait Frantz Fanon dans &lt;em&gt;Les damn&#233;s de la terre&lt;/em&gt;, en 1961.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Intro</title>
		<link>https://guidedumarseillecolonial.fr/Intro-8</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Toutes ces rues que nous avons parcourues, dont les noms t&#233;moignent du pass&#233; colonial sont des adresses qui d&#233;passent le lexique. Nous avons ressenti la n&#233;cessit&#233; de compl&#233;ter ce guide par des textes th&#233;matiques. Dans un premier temps, notre choix s'est port&#233; sur la question des Archives de la sant&#233;, de la m&#233;decine coloniale, des crimes racistes et d'un regard sur les quartiers Nord. Le pr&#233;sent guide n'&#233;tant pas l'espace pour y aborder toutes les questions relatives &#224; cette histoire-l&#224;, nous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://guidedumarseillecolonial.fr/-Pour-aller-plus-loin-" rel="directory"&gt;Pour aller plus loin ...&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Toutes ces rues que nous avons parcourues, dont les noms t&#233;moignent du pass&#233; colonial sont des adresses qui d&#233;passent le lexique. Nous avons ressenti la n&#233;cessit&#233; de compl&#233;ter ce guide par des textes th&#233;matiques. Dans un premier temps, notre choix s'est port&#233; sur la question des Archives de la sant&#233;, de la m&#233;decine coloniale, des crimes racistes et d'un regard sur les quartiers Nord. Le pr&#233;sent guide n'&#233;tant pas l'espace pour y aborder toutes les questions relatives &#224; cette histoire-l&#224;, nous poursuivons d&#232;s maintenant, avec de nouveaux textes qui seront publi&#233;s, notamment, sur notre &lt;a href='https://guidedumarseillecolonial.org/.' target=&#034;_blank&#034;&gt;blog&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Bibliographie (tr&#233;s s&#233;lective) </title>
		<link>https://guidedumarseillecolonial.fr/Bibliographie-tres-selective</link>
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		<dc:date>2023-03-17T09:50:24Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>



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&lt;p&gt;Cette bibliographie compl&#232;te les nombreuses notes de bas de page pr&#233;sentes dans le guide. &lt;br class='autobr' /&gt; Bl&#232;s, Andr&#233; (2003), Dictionnaire historique des rues de Marseille, Marseille, Jeanne Laffite. C&#233;saire, Aim&#233; (2000), Discours sur le colonialisme, Paris, Pr&#233;sence africaine. Dell'Umbria, Al&#232;ssi (2006), Histoire universelle de Marseille. De l'an mil &#224; l'an deux mille, Agone, Marseille. &#201;ga, Fran&#231;oise ([1985] 2021), Lettres &#224; une Noire, Montr&#233;al, Lux. Jordi, Jacques et &#201;mile Temime (dir.) (1996), (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://guidedumarseillecolonial.fr/-Pour-aller-plus-loin-" rel="directory"&gt;Pour aller plus loin ...&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette bibliographie compl&#232;te les nombreuses notes de bas de page pr&#233;sentes dans le guide.&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt; &lt;li&gt;Bl&#232;s, Andr&#233; (2003), &lt;em&gt;Dictionnaire historique des rues de Marseille&lt;/em&gt;, Marseille, Jeanne Laffite.&lt;/li&gt; &lt;li&gt;C&#233;saire, Aim&#233; (2000), &lt;em&gt;Discours sur le colonialisme&lt;/em&gt;, Paris, Pr&#233;sence africaine.&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Dell'Umbria, Al&#232;ssi (2006), &lt;em&gt;Histoire universelle de Marseille. De l'an mil &#224; l'an deux mille&lt;/em&gt;, Agone, Marseille.&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&#201;ga, Fran&#231;oise ([1985] 2021), Lettres &#224; une Noire, Montr&#233;al, Lux.&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Jordi, Jacques et &#201;mile Temime (dir.) (1996), &lt;em&gt;Marseille et le choc des d&#233;colonisations&lt;/em&gt;, Marseille, &#201;disud.&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Lefebvre, Camille (2015), &lt;em&gt;Fronti&#232;res de sable, fronti&#232;res de papier&lt;/em&gt;, Paris, La Sorbonne.&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Lefebvre, Camille (2021), &lt;em&gt;Des pays au cr&#233;puscule&lt;/em&gt;, Paris, Fayard.&lt;/li&gt; &lt;li&gt;McKay, Claude ([1931] 2015), &lt;em&gt;Banjo&lt;/em&gt;, Paris, L'Olivier.&lt;/li&gt; &lt;li&gt;McKay, Claude (2021), &lt;em&gt;Romance in Marseille&lt;/em&gt;, Marseille, H&#233;liotropismes.&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Manceron, Gilles (2003), &lt;em&gt;Marianne et les colonies : une introduction &#224; l'histoire coloniale de la France&lt;/em&gt;, Paris, La D&#233;couverte.&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Pinon, Ren&#233; (1906), &lt;em&gt;&#171; Les colonies fran&#231;aises &#224; Marseille &#187;&lt;/em&gt;, Revue des deux mondes, 5e p&#233;riode, t. 35.&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Temime, &#201;mile (1991), &lt;em&gt;Migrance : histoire des migrations &#224; Marseille&lt;/em&gt;, Aix-enProvence, &#201;disud.&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Temime, &#201;mile (1995), &lt;em&gt;Marseille transit : les passagers de Belsunce&lt;/em&gt;, Paris, Autrement.&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Verschave, Fran&#231;ois-Xavier (1998), &lt;em&gt;La Fran&#231;afrique le plus long scandale de la R&#233;publique&lt;/em&gt;, Paris, Stock, 1998.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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